De l’individu vers l’équipe – le travail en équipe

Définition du concept :« Le travail en équipe ne va pas de soi. Il nécessite un effort personnel et une compétence qui s’acquiert peu à peu à partir d’une volonté de cohésion et d’organisation. Elle repose sur des règles précises qui doivent dans la réalité conduire à impulser une dynamique au groupe. »

Nous retrouvons, dans les illustrations choisis, différents thèmes comme la cohésion de groupe, la coopération, la mutualisation des forces, l’échange ou encore l’entraide.

Tous ces thèmes se retrouvent dans le concept du  » travail en équipe »

Mais avant de parler d’ « équipe », il faut passer par différentes étapes.

Tout d’abord on parle d’individu, qui ne fonctionne pour le moment pas encore en tant que groupe, l’individu observe, analyse.

Ce qui amène à la construction d’un groupe c’est que chaque individu soit confronté à la réalisation d’une tache commune, d’un travail ensemble.

« Une équipe, ça se construit, l’esprit d’équipe ça se cultive. Il faut se doter des moyens appropriés pour faire d’un groupe, une équipe orientée vers la réalisation d’un but commun et pour maintenir vivante l’équipe ainsi constituée. »

Selon Roger Muchielli, l’équipe forme une entité renforcée par le désir de collaborer au travail collectif en s’efforçant d’en assurer le succès. Pour lui, « Dans la mesure où comme le disait Durkheim, « les valeurs morales sont des valeurs sociales », il n’est pas étonnant de constater que l’appartenance à une équipe devient rapidement une éthique. Toute équipe possède ses propres normes, valeurs et codes moraux auxquels chacun se retrouve, ce qui soude ses membres et crée un véritable esprit d’équipe.

Chaque membre de l’équipe s’identifie à son groupe, car dit-il, s’identifier au groupe, « c’est sentir le considérer comme le sien, les réalisations du groupe comme siennes, ses succès et ses échecs comme siens. L’identification n’est pas soumission, dévalorisation, démission mais au contraire, elle est un moyen de satisfaction, d’acquisition de prestige, et par là valorisante. »

Mais elle comporte aussi ses difficultés, ses limites, où chaque individu doit apporter sa pierre à l’édifice. Un seul élément peut mettre en péril l’équilibre global sur lequel il repose ou au contraire représenter un élément de stabilité, un gage de cohésion qui renforce les liens inter personnels. La présence d’un individu à fort potentiel peut donc être tantôt un élément positif, tantôt un élément négatif selon son comportement ou le niveau d’évolution du groupe. IL existe ainsi une espèce de cercle vertueux qui fait qu’une action positive développe les interactions positives alors qu’inversement, un cercle vicieux aura tendance à renforcer méfiance et mauvaise volonté. Mais si nul n’est irremplaçable, il faut bien constater que le départ d’un ‘leader naturel’ doit être géré avec minutie sous peine de voir se déliter le groupe. « Une équipe trop fortement liée à une personnalité dominante ou prestigieuse risque aussi de disparaître avec son chef ou de se transformer en association du souvenir » conclut Roger Mucchielli.

Ce qui influe sur la réussite ou l’échec d’un groupe.

Selon Roger Mucchielli plusieurs conditions doivent être réunies :

– Une communication facile entre les personnes, sans discrimination et sans a priori;

– Le respect de la parole et la libre expression des désaccords et des tensions ;

L’échange entre l’un et l’autre permet d’évoluer et d’avancer vers une création d’un plan d’action

– La non mise en question de la participation affective du groupe ;

– L’entraide entre tous ses membres ;

– La mutualisation des forces

Une fois le plan d’action défini, on se rend compte que ces deux facteurs sont nécessaires au franchissement de ce module, sans l’autre je ne peux pas réussir à escalader.

– La volonté de suppléance d’un membre défaillant

– La connaissance des aptitudes et des limites de chacun ;

– La division du travail après élaboration en commun d’objectifs et acceptation d’une structure si la tâche l’exige et en fonction de la tâche.;

– La définition d’une structure précise si la tâche l’exige et en fonction de cette tâche.

La réussite exige aussi qu’il existe une bonne homogénéité des membres du groupe dans l’idée qu’ils se font des exigences et des objectifs. La complémentarité, et même l’émulation entre ses membres sont des facteurs d’efficacité importants qu’il ne faut pas négliger, « l’hétérogénéité des compétences est facteur de richesse des échanges, de créativité du groupe, et d’une division efficace des rôles » précise Roger Mucchielli.

Une trop grande hétérogénéité d’un groupe peut nuire à sa réussite, devenir rapidement source de tensions, avec des personnalités très affirmées, opposées voire antagonistes. À l’inverse, l’excès de compétition pour des questions de statut, de leadership ou de rémunération peut gravement nuire à la coopération entre les membres du groupe. L’optimum à atteindre est donc un dosage délicat entre compétition et collaboration car conclut Roger Mucchielli, « à l’intérieur d’un jeu d’équipe … chaque coéquipier cherche le coup personnel prestigieux qui assure à la fois son succès et celui de l’équipe. »

A premiere vue, les sourires et le rapprochement de ces individus laissent fort penser que l’équipe s’est construite !

 

La méthode ARDI permet de créer un vécu collectif commun et proposer des espaces permettant l’expression des émotions, l’analyse des comportements et la construction de réponses concertées par le groupe lui-même.

Son approche très participative permet de montrer que chaque équipe détient les clés de sa propre réussite.

L’approche de la construction d’équipes est concrète et ludique.

« Le vécu est le point de départ de toutes nos interventions, qu’elles relèvent de la construction des équipes ou des apprentissages en formation. »

Bibliographie

Le travail en équipe, Roger Mucchielli, éditions ESF, 2009, (ISBN 9782710120292)

La dynamique des groupes, Roger Mucchielli, éditions ESF, 2007

La dynamique des groupes restreints, Anzieu D et Martin J.Y., P.U.F.,

Une réflexion sur “De l’individu vers l’équipe – le travail en équipe

  1. Bon, évidemment, il fallait que ça m’arrive, j’ai tapé un long commentaire de l’article d’Emilie … j’ai été interrompue, j’ai déconnecté et tout perdu .. et aussi le fil de ma pensée.
    Mais en gros je disais que Mucchielli était bien clair à suivre et lisible, ce qui est chouette, et qu’une chose particulièrement m’intéressait : Cette question de la norme « Toute équipe possède ses propres normes, valeurs et codes moraux « .
    Je voulais juste dire que ceci se construit, que la/les normes communes du groupe se « négocient » (souvent après des frictions) au fur et à mesure de la vie d’un groupe …. et que si nous pouvions dire comme Emilie que ce travail est commencé…. il va se poursuivre, en formation comme dans la vie. Mais c’est bien aussi sur ce sujet là qu’il faut accorder du soin et de l’énergie car là que naissent de nombreux malentendus….qui à terme nuiront à la « performance » (ou plus généralement, à la qualité de ce que nous sommes censés produire.

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